Un bienfait surprenant de la méditation : quand méditer remplace un bon joint !

Avez-vous senti comme une odeur de fébrilité dans l’air depuis la récente légalisation du cannabis au Canada ? Fumer un joint est maintenant rendu aussi légal qu’une cigarette. Avouez que c’est tentant ! Mais saviez-vous que vous n’aviez même pas besoin d’allumer un joint pour triper solide ?

Méditer remplace un bon joint

Quand méditer te fait buzzer

Des chercheurs ont en effet découvert que la méditation peut amener des états de conscience altérés très proches de ceux induits par le LSD (une puissante drogue hallucinogène, qui peut altérer la perception de la réalité et modifier les sensations).

Wow !! J’en entends déjà qui sont prêts à se mettre à méditer, rien que pour buzzer raide ! Pour les plus puritains par contre, c’est plutôt les poils sur l’épiderme qui se raidissent... « Quoi ? La méditation est devenue une drogue ?! Et moi qui venais juste de m’y mettre… Il faut vite que je me trouve un groupe de soutien pour M.A. (Méditants Anonymes) pour parler de ma nouvelle dépendance et je l’espère, m’en sortir ! »

Pas de panique et pas de raccourcis SVP ! Dans cet article, je vous explique tout ; et je vous garantis que vous allez triper ;). En effet, dans cette étude scientifique, des chercheurs européens ont découvert ce qu’il se passe dans le cerveau lorsque l’on médite. Plus précisément, ils ont documenté comment la conscience de soi, du corps et de l’espace deviennent altérées durant la méditation. Attention, on parle de méditants expérimentés, là ! Ce n’est pas le premier venu qui va décoller sur son tapis d’Aladin… L’étude a été publiée dans la très sérieuse revue scientifique Frontiers in Psychology. Les résultats sont fascinants !

La méditation ferait perdre la conscience de soi

Les chercheurs ont en effet découvert que les méditants expérimentés parviennent, durant certaines méditations, à mettre en retrait leur « conscience de soi », communément appelée le « Moi » ou le « Je ». De quoi donc !?

Je sais, ça semble un peu aride… mais accrochez-vous car c’est captivant ! En fait, si cela vous semble flou, c’est même que VOUS ÊTES NORMAL ! En effet, ce n’est pas tous les jours que l’on perd son « Moi » ! Dès lors, comment comprendre quelque chose que l’on n’expérimente pas ? C’est un peu comme si on voulait expliquer à un phoque comment marcher sur deux pattes… Ça se fait, mais c’est compliqué…

"Apprendre à un phoque à marcher sur deux pattes : ça se fait, mais c'est compliqué !"

Ça veut dire quoi : « perdre la conscience de soi » ?

Prenons un exemple. Si je dis : « j’écris ». Le « Je » fait référence à « moi », à mon corps, à mon cerveau, et à ce qu’il y a dedans. Bref, à « Ma » personne. Jusqu’ici, ça va ? Or, le « Moi », fait également référence aux histoires que l’on se raconte à soi-même. Ainsi, un anorexique pourra très bien se dire et croire « Je » suis gros et un obèse, « Je » suis mince. Bref, le « Moi » ou le « Je », c’est notre image de nous-même, réelle ou que l’on se raconte.

Hé bien, figurez-vous que ce n’est pas facile de perdre son « Moi ». Il est omniprésent dans votre vie. Il est partout dans votre tête. Il vous suit même dans votre sommeil ! Partout où vous allez, vous amenez votre « Moi » avec vous. La seule différence entre votre moi et un chiwawa, c’est que vous n’avez pas besoin de sacoche pour mettre votre « Moi » dedans.

Donc, qu’on le veuille ou non, on est pogné avec notre « Moi » et parfois, il peut être tannant le « Moi »… Il nous raconte des histoires qui nous font sentir minable, il alimente notre jugement intérieur, et notre jugement envers les autres. Pour bien comprendre le moi, vous pouvez lire l’article sur la non-violence, où je présente des exemples de phrases que le « Moi » nous dit. Et je suis sûr que vous aussi, vous avez des exemples de phrases que le « Moi » vous dit.

Dans les années 60, les drogues psychédéliques sont devenues une réponse à ce problème. Tanné de votre « Moi » ? Impossible de partir en voyage sans qu’il ne vous accompagne ? Prenez du LSD pour vous en échapper ! Et voilà, deux générations étaient nées. D’abord la Beat Generation. Ensuite les Hippies. Aujourd’hui, une troisième génération tannée du « Moi » se révèle, les Méditants !

À quoi ça sert de perdre son « Moi » ?

Si vous êtes un brin cartésien, vous vous dites sans doute : « à quoi ça sert de perdre son Moi » ? Ha ! Ha ! Bonne question Watson !

Malheureusement, tu es dans le mauvais registre de question… Tu recherches « l’utilité » de la chose. Or, je ne te parle pas d’une voiture, d’un aspirateur ou même d’un déshabillé coquin. Je te parle de la conscience de soi… On est donc plus dans le genre de question : « qui est venu avant : l’œuf ou la poule ? » « Être ou ne pas être ? »

Donc, je ne peux pas te dire à quoi ça sert de perdre son moi mais je peux te dire ce que les grands méditants nous enseignent. Lors de ces méditations, ils n’ont plus conscience de leur individualité propre et ils rapportent plutôt une sensation de faire partie d’un Grand Tout inclusif et plus grand que soi… Clairement, ils en ont fumé du bon ;)

Mais rassurez-vous (ou désolez-vous…), ce n’est pas demain la veille que vous allez perdre votre « conscience de soi ». L’étude portait en effet sur des méditants expérimentés, qui ont pratiqués des heures durant et ce, pendant de nombreuses années… L’un d’eux cumulait même 20 000 h de pratique ! J’ai fait mes calculs et, à raison de 30 minutes de méditation par jour (ce qui est déjà une bonne moyenne), ça prendrait plus de 100 ans pour atteindre son niveau d’expérience ! L’histoire ne le dit pas mais je crois que ce participant n’était nul autre que Maître Yoda…

En d’autres mots, ces grands méditants expérimentent pleinement le verbe « Etre ». Ils sont, tout simplement. Je sais, vous allez me dire, « s’il n’y a plus de ‘je’, alors qui-suis-je ? ». Là, vous tombez dans le bon registre de question. Malheureusement, Jérôme ne peut pas vous répondre présentement, son « Je » est occupé à méditer… Réessayez plus tard ;)

Pour vous et moi mes amis, le Grand Tout est encore loin… La méditation servira des besoins plus basiques comme mieux dormir, améliorer la concentration, la confiance en soi, etc. Il y a une myriade d’études sur le sujet et j’y reviendrai certainement dans les prochains numéros.

Mais où est mon corps ?

Bon j’avoue, la conscience de soi, c’était un thème un peu hard core et si vous m’avez suivi jusqu’ici, je vous tire mon chapeau. Si vous sentez que vos fils se touchent, c’est que j’ai au moins atteint l’objectif de cet article, soit de faire buzzer vos neurones. Mais attendez, il y a encore mieux !

Si la notion du « Je » peut être floue, celle du corps, elle, est plus limpide, n’est-ce pas ? Certaines mauvaises langues diront même « plus lipidique autours des fessiers »... En effet, mon corps, je peux le voir, le toucher et même le sentir (un peu trop parfois…). Et mis à part quelques messieurs vraiment trop ambitieux, on a tous la notion de notre corps dans l’espace et on sait tous où notre corps commence et où il finit, n’est-ce pas ? Par exemple, je sais où se trouve le bout de mon petit doigt dans l’espace ! Vraiment !?

Alors pourquoi les amputés ressentent leurs membres fantômes ? En fait, il n’y a même pas besoin d’être amputé pour ressentir un membre fantôme !

Connaissez-vous l’illusion de la main en caoutchouc (Rubber hand illusion) ? C’est une expérience vraiment intéressante ! Dans celle-ci, un sujet place ses deux mains sur une table. Sa main droite est cachée par une boîte de carton et on place à côté, de manière visible, une main en caoutchouc. L’expérimentateur gratte alors en même temps la vraie main du sujet (cachée sous la boite) et la main en caoutchouc. Après un temps, le cerveau croit que sa « vraie » main est celle en caoutchouc ! Malade ! Pire, le cerveau perd la notion de sa vraie main ! Trippant ! Pire encore, même la physiologie de la main se met à changer et sa température corporelle se met à diminuer. Buzzant !


En résumé, la sensation de notre corps n’est pas si claire que ça… Et donc, les méditants avancés parviennent, au même titre que certaines personnes sous substances hallucinogènes, à altérer le rapport qu’ils ont avec leur corps. Ils remarquent une sensation de dissolution du corps, d’intégration du corps dans le Grand Tout environnant (voir l'étude en anglais ici).

Flyé, non ?

Remarquez, on ne médite pas dans l’objectif d’atteindre la dissolution de l’individu ! On médite pour des besoins plus terre à terre et les bienfaits de la méditation sont nombreux : relaxer, diminuer le stress et l’anxiété, faciliter le sommeil, améliorer la concentration, etc.

Prêt à méditer ?

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