Bonheur 201 : les conseils des Grands Sages

« Le bonheur, c’est relatif ! » – Grand Sage mystère.

Dans le Bonheur 101 : après quoi tu cours ?, on a tenté d’attraper le bonheur mais malheureusement, il nous a filés entre les doigts… Donc cette semaine, le piège est tendu et je vous garantis qu’on va le coincer, ce petit maudit ! Et ce n’est pas tout, on dévoile aussi le Grand Sage mystère. Mieux encore, on consulte les Grands Sages pour savoir ce qu’ils ont à nous dire sur le bonheur. Tout un programme ! Mais avant d’aller plus loin, je dois vous parler de la recette du bonheur selon Ma grand-mère.


La recette du bonheur selon Ma grand-mère

Pour Ma grand-mère, la recette du bonheur était fort simple :

  1. Prends un jambon,

  2. coupes-y les deux extrémités,

  3. sacre-le dans ton chaudron,

  4. noie-le dans le sirop d’érable,

  5. laisse mijoter pendant deux lunes.

Glycémie dans l’tapis, calories garanties !


L’histoire de Ma grand-mère

Pour être précis, Ma n’était pas ma grand-mère à proprement parlé, mais plutôt la grand-mère de tous les Québécois. Simplement, elle s’appelait Ma. Je sais, c’est un peu mêlant mais c’est son nom, c’est comme ça. Donc, Ma était la matriarche de la Dynastie du Jambon à l’Érable. Un beau jour toutefois, Sa fille se réveilla avec un chromosome de plus que les autres filles de la Dynastie de Ma. Il faut savoir qu’à l’époque de Ma, on partageait bien plus d’ADN avec les souris que de nos jours (découvrez combien d’ADN on partage avec les souris à la fin de cet article). En d’autres mots, la grosseur du cortex cérébral de Ma n’était pas un élément qui pesait très lourd… Du moins, pas dans la décision de la marier…

Ma grand-mère, la matriarche de la Dynastie du Jambon à l’Érable. (Crédit photo : Jonathan Farber.)

Bref, Sa fille était beaucoup plus allumée que les autres filles de Ma. À vrai dire, Sa n’était pas la fille de Ma mais plutôt son arrière-arrière-arrière-arrière-petite-fille. Et elle s’appelait Sa. Je sais, c’est un peu mêlant les noms de cette dynastie mais SVP faites un effort… Le bonheur, c’est quand même un peu plus compliqué que deux prénoms monosyllabiques !


La question qui tue !

Donc, Sa posa la question qui tue :

« Dis maman, pourquoi on coupe les deux bouts au jambon avant de le cuire ? »

Tiens, c’est vrai dit la mère de Sa, je n’y avais pas pensé. C’est peut-être pour lui donner du goût ? Je vais demander à ma maman ». (Remarquez qu’elle fait réellement référence à sa propre mère et non à Ma, la grand-mère.) Et la maman de maman de répondre (vous me suivez toujours ? On est rendus à la grand-mère de Sa, la fille) : « Tiens, c’est vrai, je n’y avais pas pensé ! C’est peut-être pour le ramollir ? Je vais demander à ma maman ! ». (Celle-là, je vous épargne sa généalogie ;).

Ainsi de suite, les hypothèses les plus loufoques furent évoquées, jusqu’à remonter aux origines de la Dynastie et à Ma grand-mère qui, du bas de ses 208 ans (car à cet âge-là, on n’est que bien peu de choses…) répondit en tremblotant sur la chaise berçante de Sa fille (vous la reconnaissez celle-là ?) :

« Ma chérie, la réponse est toute simple. Je coupe les deux extrémités du jambon afin qu’il rentre dans mon chaudron ! »

On est bon pour gaspiller le jambon…

Tant de bouts de jambon gaspillés simplement par ignorance… (Crédit photo : sorel.)

Aille ! Tant de bouts de jambon gaspillés… Simplement par ignorance… Tant de colons morts de faim à cause d’un colon qui criait sa faim… Pour le coup, les jambons, c’est nous ; même avec notre supplément d’ADN ! En effet, c’est nous, les jambons, qui utilisons des recettes toutes faites et surfaites du bonheur, sans réellement savoir si elles nous conviennent. Chaque jour, nous courrons. Nous courrons après de meilleures études, un meilleur travail, une meilleure blonde, une plus grande maison, une voiture plus rapide, un voyage plus excitant, un plus gros chèque de paye, une promotion, une plus grosse tondeuse, une plus belle souffleuse. Et j’en passe… En fait, on court bien souvent après le bonheur, sans même savoir à quoi il ressemble, ni vers où il s’en est allé !


Conclusion numéro 5 : Si tu coures après le bonheur sans savoir par où il s’en est allé, tu risques de courir longtemps.

(Hein, déjà la conclusion 5 !? Elles sont où les conclusions 1 à 4 ? C’est par là).


Après quoi tu cours ?

Ça peut paraître bidon ce conseil, mais si tu regardes bien, tu te rends compte que le bidon est tout de même un brin profond… Vraiment, je te le redemande. Après quoi tu cours ? Mais oui, vas-y, là, tout de suite, répond à la question. Pas besoin d’être philosophique, théologique ou même chromosomique. Juste un petit 2 minutes pour TOI pour TE poser la question qui tue :

« Après quoi tu cours ? » ou si tu préfères « C’est quoi le bonheur pour toi ? ».

À partir d’ici, tu as trois solutions :

Solution numéro 1

Tu sais à peu près où tu t’en vas. T’es capable de pointer ton gros doigt et de dire, avec une certaine dose de certitude : « le bonheur, c’est par là » ! (D’autant que tu avais déjà lu cette question dans l’article précédent et que tu as eu le temps d’y penser ;)) Bien, excellent, tant mieux pour toi ! Sois heureux et si tu veux, tu peux directement sauter à la conclusion. À moins que tu ne t’intéresses aux paroles des Grands Sages sur le bonheur. (Hint : ça se place bien dans une conversation et ça contribue à ta Yoga-Apparence).

Le bonheur, c’est par là ! (Hé oui, on a tous notre vision du bonheur…) (Crédit photo : Saksham Gangwar.)

Solution numéro 2

En apparence, tu évoques la solution numéro 1 : « le bonheur, c’est par là ! » Mais ta voix tremblotante trahit ton incertitude et, au fond, tu répètes cette affirmation plutôt pour te convaincre toi-même. Rappelle-toi, on a 97,5 % de points commun avec les souris. Dans ton cas, tu serais plutôt comme un lemming. Si tu ne prends garde, tu risques de dévaler le précipice comme les premiers de tête ! En termes humains, la ballade des lemmings pourrait ressembler à ceci :

« Lorsque j’aurai ce travail (…, cette maison, cette voiture, des enfants, la retraite, alouette…), je serai ENFIN heureux ! »

Solution numéro 3

Tu sèches lamentablement sur la question. Ta bouche devient sèche, tes lèvres bleuissent, tes mains sont moites et ton cœur s’emballe. Cette question te fait paniquer solide ! Arrête tout de suite de lire, fais le 911, et rends-toi à l’hôpital !! Tu pourras continuer ta lecture à tête reposée, si tu es encore parmi nous…


Le bonheur selon les Grands Sages

L’homme avisé qui recherche une aiguille dans une botte de foin utilise un détecteur de métal. –Un Drôle de Maître Yogi.

Les Grands Sages que je vous présente ici, ce sont un peu comme nos détecteurs de métal. En théorie, eux, ils l’ont trouvé le bonheur durable alors, autant suivre leurs pas. Je ne connais pas les statistiques exactes mais il me semble que les probabilités de le trouver ne sont pas si pires si on suit leurs traces. Enfin, certainement meilleure que de jouer au loto (voir les statistiques du loto dans l’article précédent). C’est un pari à prendre !

Ci-dessous, je t’en présente cinq. C’est un choix éditorial, il y en a plein d’autres. Mais ceux-là, je les trouve inspirants et je suis à peu près capable de te résumer leur pensée en quelques mots.


Pour le Dalaï-Lama

Le bonheur c’est un bain chaud un soir de pluie (L’art du bonheur).

Pour Eckhart Tollé

Le bonheur c’est de s’asseoir sur un banc à regarder le temps passer (Le pouvoir du moment présent).

Pour Pierre Rabi

Le bonheur réside dans la simplicité (Vers la sobriété heureuse).

Pour Henri David Thoreau

Le bonheur c’est d’être en connexion avec la Nature (Walden ou la vie dans les bois).

Pour Einstein

Le bonheur, c’est relatif !

Tadam… Et voilà notre Grand Sage mystère dévoilé. Avec sa théorie de la relativité (E = mc2), j’aurais tant aimé qu’Einstein conclue que même le bonheur est relatif ! Mais, non ! Monsieur y est allé d’une autre citation, comme quoi, même les Grands Sages peuvent se tromper 😉 : « le bonheur, c’est une vie tranquille et modeste ».

Le Grand Sage mystère : Albert Einstein.

Remarque, la vraie théorie d’Einstein sur le bonheur est assez proche de celle des autres Grands Sages. Finalement, on dirait que pour notre panel de Grands Sages, le bonheur c’est d’apprécier les petites choses du quotidien, c’est d’être plutôt que d’avoir !


Qu’est-ce qu’être ?

Hou là… Il recommence avec sa métaphysique de pizzeria… (voir l’article précédent) ! Respire un coup ! C’était ma passe énigmatique inspirée des 5 règles d’or de la Yoga-Apparence, un article humoristique que j’ai écrit au sujet des yogis qui se composent une apparence !


Le bonheur se trouve dans le moment présent

Donc, je reprends, en moins énigmatique. Hier, c’est passé, t’es d’accord ? Même si tu t’acharnais très fort et que tu voulais retenir hier de toutes tes forces, dès qu’on arrive aujourd’hui, hier n’est plus là ! C’est comme ça. Pouf ! Aujourd’hui, hier s’est envolé. Tu me suis ? Et bien pour demain, c’est pareil, mais à l’envers. Ou, comme disent les indiens : « same thing, but different ! ».

Comme disent les indiens : « Same thing, but different! »

Comme hier est passé, demain n’est pas encore arrivé. Demain, c’est le verlan d’hier ! Demain ne s’est pas encore manifesté. En d’autres mots, notre corps vit toujours dans le présent, quoiqu’il arrive. Par contre, notre mental peut être pogné dans le passé (à ressasser), ou fuir vers le futur (à planifier).


Tu as remarqué que le point commun de ces Grands Sages, c’est d’habiter pleinement le moment présent. Te dire que plus tard, quand tu auras une maison, un emploi, une blonde, tu seras plus heureux, c’est vivre dans le futur… Te dire que avoir su, tu aurais fait des choix différents, que si on t’avait donné les moyens tu aurais pu…, et te plaindre sur ton sort, c’est vivre dans le passé.

Bonne chance pour trouver l’aiguille dans un champ de bottes de foin… (Crédit photo : Nikla Hamann.)

Apprécier ce que tu as et ce que tu es maintenant, c’est vivre dans le présent et c’est ta meilleure chance de trouver le bonheur. Car l’aiguille du bonheur se trouve dans le moment présent (la fameuse botte de foin). Avant ce moment, le foin n’était pas encore coupé et il n’y avait même pas de botte dans laquelle chercher l’aiguille. Bonne chance alors pour la trouver ! Après ce moment, les vaches auront mangé le foin. Là encore, bonne chance pour trouver l’aiguille parmi tout un troupeau de ruminants !

L’équation mathématique du bonheur

En résumé, si tu cherches le bonheur, arrête de courir après, il est ici et maintenant. Profite de ce que tu es et de ce que tu as. Apprend à profiter des choses simples de la vie comme l’odeur des feuilles qui tombent à l’automne, un bain chaud, un repas entre amis, le sourire d’un enfant ou celui de ta grand-mère édentée, ou n’importe quoi en fait. Même un petit rien peut rendre heureux, si on prend le temps de l’apprécier ! Et, selon ces Grands Sages, c’est la somme de ces petits moments qui fait le bonheur. Je te laisse donc sur l’équation mathématique du bonheur, qu’Einstein m’aurait sûrement enviée :

B = exp(b)

Autrement dit, le bonheur (B) est une fonction exponentielle des petits moments heureux (b). Donc, chaque moment heureux décuple ton niveau bonheur.

« J’aurais aimé bouclé la boucle », disent les perdants du tour de France…

Ah oui, une dernière chose avant de terminer. J’aurais aimé boucler la boucle (comme disent les perdants du tour de France) ! J’ai commencé cette série de deux articles en te disant que le bonheur, c’est relatif. Il serait donc injuste que l’on termine avec une seule et même équation (non relative) pour tout le monde ! Et puis en plus, j’aime les paradoxes. Alors, je te laisse sur la vision du bonheur selon un dernier Grand Sage :

« Je fuis le bonheur, de peur qu’il ne se sauve » – Serge Gainsbourg

Et toi, quelle est ta recette du bonheur ? Trouves-tu le bonheur dans le moment présent ou ailleurs ? J’ai bien hâte de te lire dans les commentaires ci-dessous !!

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