Le test des 3 passoires revisité pour les Jedis

À l’ère du numérique et de la désinformation de masse, le test des trois passoires est plus d’actualité que jamais. Ce test nous vient de Socrate, l’un des plus grands philosophes de l’humanité. Dans cet article, je vous propose une version revisitée de ce fameux test. Vous y découvrirez le point commun entre le coronavirus (COVID-19), la dilatation des pupilles, le côté obscure de la force et le karma yoga. Mais avant d’aller plus loin, voyons comment tout a commencé.

La légende raconte que...

Un jour, quelqu’un aurait demandé à Socrate : “sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami ?” Le philosophe aurait répondu :

– Avant de l’entendre, j’ai une question à te poser : as-tu vérifié si ce que tu appris était vrai ?

– “À vrai dire, non”, dit l’autre, “j’en ai simplement entendu parler.”

– Très bien. Alors au moins, veux-tu m’apprendre quelque chose de bon sur mon ami ?

– Hé bien non, au contraire ! C’est justement pour cela que je veux t’en parler.

– “Si je comprends bien” dit Socrate, “tu veux me raconter de mauvaises choses sur mon ami et tu n’es même pas sûr qu’elles soient vraies ?”

… (Que voulez-vous répondre à cela...)

Est-ce que cela me sera d’une quelconque utilité de savoir cette chose que mon ami aurait fait, qui ne serait peut-être même pas vraie ni bonne ?

Évidemment, l’autre ne se fit pas prier pour répondre :

- …

“Alors”, conclut Socrate, “si ce que tu veux me dire n’est ni vrai, ni bien, ni utile… Pourquoi me le dire ?”


Ne soyez pas dupes

Sans entrer dans les détails des algorithmes des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, LinkedIn, etc.), le fait de « liker » une publication, de la partager ou de la commenter, lui donne plus de visibilité. Bien sûr, Facebook a sorti les petites faces de colère ou de tristesse. Mais ne vous y trompez pas. Même si vous réagissez avec colère, vous réagissez quand même. En conséquence, vous donnez de l’ampleur à cette publication.

Ainsi, à chaque fois que vous faite l’une de ces actions, vous votez tacitement pour cette publication : “Oui, moi, Jean-Claude Dusse, j’approuve le contenu de cette publication.” Pour ceux qui ne connaîtraient pas Jean-Claude, sachez que c’est un modèle de véracité, de bonté et d’utilité. Le simple extrait ci-dessous suffira à s’en convaincre ;)

D’un autre côté, il ne faudrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Les réseaux sociaux sont des outils formidables pour se connecter aux autres, pour rester en contact avec nos vieux amis et voir ce qu’ils deviennent. Les réseaux nous en apprennent plus sur la vie de nos collègues en dehors du travail, ce qui nous fait des petites histoires à discuter, des points en commun. On peut même y découvrir quelques petits secrets.

Bref, sur les réseaux comme dans la vie, il y a du vrai et du moins vrai, du bon et du moins bon, de l’utile et du moins utile. Comment discriminer tout cela ? Voici le test des trois passoires remis au goût du jour !


Le test des 3 passoires revisité

Est-ce vrai ? Le cas du coronavirus

Récemment, la désinformation a atteint son paroxysme avec le coronavirus (COVID-19). La journaliste Jane Lytvynenko de Buzzfeed, qui traque la désinformation, a effectué son 35e démenti sur le sujet, ce qui fait du sujet, sa plus longue chaîne de dépistage de désinformation jusqu’à maintenant.

De notre côté, en partageant ces fausses informations, nous ne faisons qu'alimenter la peur voire la panique. Ainsi, avant de partager, on devrait à tout le moins se poser la question : est-ce que cela semble vrai ?

Jean-Claude Dusse dirait “sur un malentendu, ça peut marcher”. De mon côté je dirais, “un malentendu, ça peut être évité”. Validez vos sources avant de publier des informations importantes.

Par exemple en anglais, on peut utiliser l'International Fact-Checking Network, opéré par un partenariat de plus de 70 médias de vérification de faits provenant de partout dans le monde mais bien d’autres sources existent. Pour en apprendre plus sur la validation des sources d’une manière plus académique, vous pouvez consulter par exemple le site de l’université Laval : Évaluer la qualité des sources.

Évidemment, on peut étirer la sauce et se poser ces mêmes questions lorsqu’il s’agit de nos publications. Voici un exemple parmi tant d’autres. En Colombie-Britannique, une fille prend une photo magnifique sur un tronc d’arbre surplombant le Lac Joffre. La photo respire la nature. Et pourtant, en arrière de la caméra, des dizaines de touristes font la file pour prendre à leur tour cette photo parfaite, qui n’a finalement plus grand chose de naturel ni de vrai…


Est-ce bon ? Le côté obscure de la force

On s’entend, le test de Socrate, dépoussiéré de la Grèce Antique, nous dépeint un monde en noir et blanc. Or, si vous êtes comme moi, vous avez probablement remarqué que la télé est maintenant rendue en couleur… En fait, les tablettes et téléphones ont même remplacé les télés dans nos chaumières. Il y a maintenant 50 nuances de gris… Et je dirais même plus, le film a eu ses suites donc les nuances de couleurs se sont encore multipliées.

Donc, on ne capote pas avec la question dichotomique : est-ce que c’est bon ou mauvais. Suis-je du côté obscure ou lumineux de la force ? On prend plutôt cette question pour ce qu’elle est : une invitation à réfléchir quelques instants avant de publier sur les réseaux sociaux. Et c’est là que le karma yoga intervient ! (on y revient plus bas).


Est-ce utile ? La dilatation des pupilles

En cette saison hivernale au Québec, voici un exemple de conversation “utile” sur les réseaux sociaux :

- Ah, que la neige a neigé. Qu’il est doux de se réveiller le matin dans une maison ensevelie par ce manteau blanc. Ah, que j’aime l’hiver !

- Non mais t’es malade ! Neige = pelletage = retard au travail !! Moi, je n’aime pas l’hiver =(

- Ben moi, j’aime l’hiver !

- Ben moi, je ne l’aime pas !

- Ben moi, je n’aime pas ceux qui disent qu’ils n’aiment pas l’hiver

- Ben moi, je n’aime pas ceux qui n’aiment pas ceux qui disent qu’ils n’aiment pas l’hiver

Que vous aimiez l’hiver ou non, avez-vous appris quelque chose d’utile ? Quoiqu’on pense de la météo, elle ne nous écoute pas et n’en fait qu’à sa tête. Dès lors, à quoi bon perdre son temps (et celui des autres) à s’en plaindre ? Mieux vaudrait prendre ce temps-là pour pelleter ;).

Mais la non-utilité du sujet ne s’arrête pas à la météo. Récemment, je parlais de yoga avec une amie, un sujet passionnant s’il en est un ;). Or, les yeux de mon amie s’éteignaient de désintéressement à mesure que les phrases sortaient de ma bouche. Ses pupilles étaient rendues si petites qu’elles ressemblaient à celles d’une vache qui passe sa journée à regarder les trains.


Oh la vache !

Je me sentais bien seul dans le silence de ses yeux… De retour à la maison, j’ai voulu en avoir le coeur net et j’ai découvert que les pupilles de mon amie n’étaient pas uniques. Cet article montre que vos pupilles se dilatent en fonction de votre état émotionnel . Clairement, les émotions de mon amie n’était pas au rendez-vous de notre conversation...


Le test des 3 passoires et le karma yoga

Vous avez sûrement déjà entendu le mot karma. À l’origine, ce mot sanscrit signifie “action”. Le karma yoga, c’est donc le yoga de l’action, le yoga du quotidien, celui qui se pratique en dehors du tapis. Et non, le karma yoga n’a rien à voir avec cette nouvelle “tendance” du yoga de se photographier partout, tout le temps (en savoir plus ici sur la yoga-apparence). D’ailleurs la yoga-apparence ne passerait probablement pas le test des 3 passoires…

Le karma yoga vise plutôt à amener davantage de conscience dans nos actions quotidiennes. Comment on fait cela ? Vous trouverez plusieurs exemples dans l’article sur la non-violence et je vous en présente un autre ci-dessous.


Un exemple de karma yoga

Ton post est prêt. Tu t’apprêtes à le publier. Ton doigt approche dangereusement du bouton “soumettre”. Quand tout à coup, tu entends au plus profond de toi, la voix de Maître Yoda : “la force est avec toi”. Tu remercies silencieusement Yoda et Georges Lucas. Grâce à eux, tu prends un instant pour respirer. Une grande inspiration… Puis une grande expiration… Tu es maintenant prêt à relire ton post à la manière d’un Jedi :

- Est-ce que c’est vrai ?

- Est-ce que c’est bon ?

- Est-ce que c’est utile ?


Maître Yoda

Si tu réponds oui à ces trois questions, bravo ! Tu peux soumettre ton post. Par ton action tu contribues ainsi à faire une différence positive dans le monde numérique et peut-être même dans le “vrai” monde. Tu es le Gandhi des temps modernes, la goutte d’eau dans l’océan des médias sociaux. Tu contribues à changer le monde, une publication à la fois.

Si tu réponds non à l’une de ces questions, tu ne seras pas le premier, ni le dernier mais tu as l’avantage significatif d’en être maintenant conscient, karma yogi que tu es ;). Dès lors, le choix t’appartient : réviser ta publication ou la soumettre comme telle. Peu importe ton choix, tu en es maintenant conscient et ça, ce n’est pas négligeable !


L’heure du test

Tu as tout assimilé ? Le karma yogi en toi trépigne d’envie de mettre en pratique le test des trois passoires ? Je t’invite à commencer “ici et maintenant” en laissant un commentaire sur ce blog. Un petit mot, une réflexion, une situation vécue, peu importe. L’idée est simplement de pratiquer et de partager en pleine conscience.

Au plaisir de te lire, jeune Jedi =)


Cet article vous a plu ?

Merci de contribuer à le faire découvrir à d’autres en le “likant” et en le partageant sur vos réseaux sociaux (car il a évidemment passé le test des 3 passoires =)).

75 vues

©2020 par Lemaitre Yoga.